lundi 10 août 2015

31 juillet 2015 - Safari photo

Bonjour,

Finalement, il ne reste que deux jours! Aujourd'hui, safari photo. 
 
Nous sommes partis de Kirkjabaejarklaustur -- littéralement église (kirkje) - fermes (baejar) - couvent‎ (klaustur) -- ce matin après une promenade vers la petite chute sur le camping, vers Vik et les environs.
 


 Entre les deux, le plus grand champ de lave d'Europe suivi d'un immense champ de lupins mauves. Près de Vik, à Reynisfara, il y a des colonnes de basalte et des grottes sur le bord de la plage noire avec vue de l'autre côté sur... le Rocher percé ! 
 
Ensuite, nous sommes allés marcher SUR le Rocher percé, à Dyrholaey, et il y avait plein de macareux très près de nous. Ça a donc viré en safari photo, surtout pour Paul. 
 
J'ai essayé de prendre des photos mais c'est difficile à rendre.‎ Je vous mets quand même quelques photos dont celle de Paul sur l'escalier à moutons et celle de l'anglaise avec un t-shirt de Céline Dion!
 
Ensuite visite à Skogafoss, une énorme  chute et arrêt à Hvolsvollur 50 km plus loin, où nous sommes ce soir, au gros soleil. On a contourné l'Eyjafjallajokull -- littéralement le glacier (jokull) du mont (fjalla) Eya -- et on le voyait toujours au loin. C'est ce fameux volcan qui en 2010 a stoppé les avions sur une partie de l'Europe.‎ 

‎Peu de choses à dire sinon que les paysages étaient comme toujours époustouflants. Et que contrairement à nos haltes précédentes, il y a des bus pleins de touristes puisque nous sommes rendus proche de Reykjavik. 

L‎'événement du jour. On va à la piscine et, je ne sais pas si je vous l'ai dit, il est obligatoire de se laver et de se savonner à poil avant d'entrer dans la piscine. On a pris l'habitude maintenant. C'est normal et naturel. Ce matin, je me savonne et je me dirige vers le bain chaud... en oubliant d'enfiler mon maillot de bain. Personne n'en fait de cas. C'est rendue dans le bain chaud que je réalise que je suis nue. Paul arrive à  ce moment-la et m'appelle tout étonné. Je retourne mettre mon maillot sous les regards amusés. Une Islandaise dit à Paul que ça lui est déjà arrivé. Ce n'est sans doute pas si rare (pas de photo pour celle-la).

Au plaisir
P.S. Dans le coin, il y a pas mal de cyclistes. Les autos font très attention. Il ne doit pas y avoir trop d'accidents. Pour le golf, il y a un camping qui annonce qu'il a trois terrains de golf à proximité!

dimanche 9 août 2015

1er août 2015: Oh là là!

Bon, ça s'annonçait pour être une journée un peu pépère. On est parti vers Stokkseyri et on a fait une belle balade en kayak de deux heures (photos) dans les marais près de la mer.


Ensuite, aller vers Hveragerdi, grand centre thermal, après un dîner sur le bord de la mer. Après la piscine avec sauna alimenté par un geyser, petite visite du parc géothermique. Mais, il était pas mal à sec. Le gamin sur la photo fait cuire une oeuf dans la source! Très populaire ... et très coûteux!



‎On se dirige vers le camping après avoir ramassé 750 gr. de langoustines pour le repas du soir avec l'idée de se reposer pour aller faire "Le cercle d'or", soit le grand geyser, la chute de Gullafoss et Thingvellir, demain.

MAIS, j'avais demandé au loueur de nous laisser le camper une journée de plus. Il n'avait pas répondu. Je consulte mes textos et il dit que l'on doit rendre le camper pour 2 heures demain. Ça change les plans! On quitte le camping pour aller voir le geyser ce soir. De toutes façons, le soir n'existe toujours pas! 

Alors, nous y voilà. J'ai des belles photos de geyser pour vous -- je me suis mise en rafale -- mais je ne peux pas en envoyer tant que ca. On campe à côté du geyser. 
 
 
Demain Thingvellir, lieu de rencontre des plaques tectoniques nord-américaine et européenne‎. Moi je pensais qu'on y allait parce que c'est le lieu du premier parlement islandais. C'est Paul qui parle des plaques tectoniques ! 
 
‎Notez qu'en plus il a fallu trouver une connexion internet pour trouver une chambre à Reykjavik pour demain soir. Mais voilà c'est fait. On aura une journée culture- bonne bouffe à Reykjavik avant notre départ. 
 
Toujours la vie trépidante des gens du voyage!
 
A++
P.S. Par contre pas d'évènements aujourd'hui. Aucune attaque de sculpture ou activité de nuvite. C'est le calme total!

2 août 2015, deux jours en un


Lever tôt ce matin après une nuit courte. Paul est allé revoir le geyser pour prendre des photos hier après souper (le terrain de camping, petit et sympathique, était à côté du geyser). Je crois qu'il en a réussi de belles. 
Lever tôt donc, pour aller voir la chute de Gullafoss d'abord. Arrivée à 8:30, avant les touristes. On n'était pas sûr d'y aller. Paul trouve que les chutes, ça se ressemble toujours un peu. Mais je trouve que ça valait le détour (photo). L'histoire dit qu'en 1905, un Anglais a voulu la harnacher pour fournir de l'électricité au sud de l'Islande mais le fermier qui possédait la terre sur laquelle était la chute (sic) a refusé de lui vendre.
Ensuite Thingvellir, site du premier parlement islandais, dans la faille entre les deux continents. C'est vraiment impressionnant. Difficile à rendre en photo. Nous avons beaucoup aimé. Il faut voir.


Observation: Les derniers jours, on est passé d'un paysage alpin à un paysage lunaire puis un désert de sable noir puis des champs de lupins et de nouveau des champs de lave. Hier, dans le sud, ça faisait plutôt penser à la plaine du Saint -Laurent. Grands champs cultivés avec beaucoup de chevaux, des troupeaux ! J'en ai jamais vu autant. Il y a près de 100,000 chevaux en Islande, un pour trois personnes.



Puis, à peine 60 km plus au nord, à Thingvellir, ce sont des lichens, des arbustes. Ça fait penser à Natashquan. C'est vraiment très varié comme paysage, sur peu de distance. 
Donc, départ de Thingvellir à 11:30, nous devons parcourir 60 km, dîner, laver le Camper, faire nos bagages et arriver chez Kuku pour 14:00. Presque réussi, que dix minutes de retard.
Une heure plus tard, nous sommes installés au guesthouse à Reykjavik. Le chauffeur de taxi nous a expliqué que, s'il y a des sculptures dans chaque village, c'est qu'elles sont faites par l'artiste n< dans le village et que le conseil se doit de mettre en valeur les artistes du coin, d'où les petits musées dédiés à l'artiste local.
Un tour à la piscine, trouver l'hôtel pour Boston où nous devons passer la nuit demain, puis restaurant. Ce sera Thrir Frakkar (trois manteaux ou trois français, au choix), de la bouffe vraiment islandaise: Entrée de poitrine de macareux fumé, puis langue de morue au gratin pour Paul et poitrine de guillemot pour moi. Tout ça est excellent. Et on est content d'avoir goûté de la bouffe vraiment différente de ce qu'on connaît (sauf pour la langue de morue, commune sur la Côte nord).

Retour à la chambre. Paul s'est endormi, complètement crevé !  Et moi je chronique...

A très bientôt. 

Dernière chronique demain. Je vais essayer de faire des photos sur l'architecture. Plus trois petites chroniques thématiques en préparation pour ceux que ça intéresse : une sur l'expérience camper, une chronique linguistique et une chronique socio-politique.

samedi 8 août 2015

3 août 2015: C'est fiiiniii!

Bon, nous sommes à l'aéroport. J'avais oublié qu'entre Reykjavik et l'aéroport, en gros, c'est un champ de lave‎. Et qu'est-ce qu'il y a en plein milieu d'un champ de lave? Vous aviez sûrement deviné: un parcours de golf, bien sûr...mais pas de piscine !

Matinée superbe à Reykjavik. Beau gros soleil dont on avait rêve. On s'est promené tranquillement pour faire quelques photos. 
Maisons: ‎ les maisons avec deux pignons sont traditionnelles. Je vous ai mis une photo pour vous montrer aussi comment les nouveaux édifices sur le bord de mer font presque tous référence à cet élément architectural.


La tôle ondulée est très utilisée tant pour les murs que pour les toits. Elle est souvent peinte dans des couleurs vives ou parfois galvanisée. Ça fait de jolies suites de maisons. J'ai fait beaucoup de photos. Je ne peux toutes les mettre. Il y a aussi quelques édifices art deco. J'ai essayé de retrouver les maisons modernes que j'avais vue mais peine perdue.








Sculptures ; deux belles sculptures en bord de mer. Celle avec une boule jaune constitue la seule photo de moi que vous aurez eu! C'est Paul qui a pris la photo.



Pour les cyclistes: les deux bicyclettes roses qui annoncent le passage piétonnier.



L'avion part. Je dois vous laisser. Je finirai mes autres chroniques sur l'avion.

A bientôt

4 août 2015: Retour à Montréal

Bon, ça y est. On est de retour. J'espère que vous avez apprécié les chroniques. En tout cas, pour moi, ça a été un voyage spécial. Écrire des chroniques était parfois exigeant mais ça m'a amenée à faire un voyage différent, certainement celui dont je garderai le plus de souvenirs. De plus, regarder en pensant aux autres change la manière de voir et de photographier. J'ai bien aimé et je me suis découverte photographe. 
Je mettrai le tout sur blogue au cours des prochaines semaines et on essaiera d'organiser un "slide show".

J'ai une dernière chronique en préparation que je vous enverrai bientôt. C'est une chronique sociologique mais j'aborde aussi l'histoire, la musique, la bouffe, etc.

Au plaisir

Camper et autres trucs, $

Petit bilan camper puisque c'était une première et que nous voulions savoir si nous aimerions renouveler l'expérience.
En gros, on est tous les deux enchantés. C'est très flexible. On arrête où on veut. Jamais besoin de se demander où on va manger ou coucher. C'est la liberté totale. On se fait un dîner au-dessus d'un fjord avec une vue à couper le souffle. Et c'est nous qui décidons de ce que nous mangerons. On a vraiment apprécié. 

Les campings : une fois compris que les services seraient généralement minimaux et que la piscine était l'endroit idéal pour la douche, on a beaucoup apprécié les sites, généralement très bien situés avec des vues magnifiques. On a eu tendance à éviter les très gros campings où  les campers sont trop près. 
Les points faibles: On était mal équipé. On a acheté une couverture de laine à Akureyri que l'on a fixée sur le sleeping. C'etait une nette amélioration  mais ce n'était pas suffisant. Les derniers jours, on a fait fonctionner la chaufferette mais la nôtre était très bruyante. D'autres campeurs nous ont confirmé qu'il y en avait de moins bruyantes. 
D'autre part, le camper lui-même avait un équipement minimal, style années '70 malgré qu'il était très récent. On aurait eu besoin des deux M: Micheline pour le design d'intérieur et Margot pour le design industriel. A titre d'exemple, le lit du haut avait été fixé et il était évidemment au-dessus de la table. On ne peut compter le nombre de bleus qu'on s'est fait en se pétant la tête.  Par contre, c'était spacieux (y avait rien!). Je n'ai pu m'empêcher de penser au Safari Condo fait à Québec que Pelo -- ami de Michel-- nous avait montré. Ce serait la BMW comparé à ce que nous avions.

Prix: est-ce que c'est cher? Oui, très cher. Sans aucun doute le voyage‎ le plus cher que nous avons fait. Mais l'Islande est chère de toutes façons, probablement le pays le plus cher -- avec le Japon? Beaucoup d'Européens font livrer leur propre camper par bateau. Facile pour eux. Il y a des bateaux très régulièrement. Par contre, comprendre qu'hier, nous avons loué une très petite chambre dans un guesthouse avec petite salle de bains partagée pour 4 chambres. Le prix: 200$. Si on prend ça en compte plus les économies sur les repas et le fait qu'on n'a pas à chercher et à réserver d'avance, ça vaut le coup.. et le coût. On a rencontré des gens qui nous ont dit avoir tout réservé en mars et il n'y avait déjà plus de places à certains endroits. On s'entend que ça fait alors un voyage ultra planifié, à l'extrême opposé de notre style.

Voilà donc le bilan. J'ajoute l'objet le plus utile, je dirais indispensable, le GPS. Il nous dit non seulement comment nous rendre mais quels sont les campings ou les piscines près de nous et évidemment les points d'intérêt (et les golfs).

A++

P.S. Très important parce que ça peut vous servir pour d'autres voyages. Air Canada nous avait dit que nous avions droit à un seul bagage à l'aller et... deux au retour. J'ai trouvé ça bizarre mais bon. Au moment de faire le pré-enregistrement, j'indique deux bagages et ça indique "aucun frais". A l'aéroport, les employés d'Air Canada sont convaincus que nous avons droit à un seul bagage mais le système informatique dit que nous avons droit à deux. Paul avait préparé un seul bagage, trop pesant. On a dû "créer " un bagage supplémentaire qu'on a mis dans un sac plastique qu'ils nous ont fourni (employée d'Air Canada extraordinairement aidante!), ce qui nous a amenés à n'avoir aucun frais supplémentaire. De toutes façons, se rappeler que l'excès  de poids est plus cher que le deuxième bagage. Bref, attention. Ne pas trop de fier aux renseignements téléphoniques d'Air Canada ! 

Chronique linguistique

Cette chronique intéressera surtout Marc qui va en Islande bientôt et peut-être Nicolas le linguiste. Pour les autres, eh bien, c'est de la culture générale -- on n'en a jamais trop -- et puis vous serez capable de prononcer Eyjafjallajokull lors de la prochaine éruption, ce qui impressionnera tous vos amis! Vous serez même capables de l'écrire. 
 
Comment apprendre des éléments d'une langue sans repères ou presque ? ‎J'ai essayé  de me débrouiller sans avoir eu le temps de vraiment me préparer. Ce n'est que vers la fin du séjour que j'ai découvert que le guide Lonely Planet avait un petit glossaire. Je pense qu'il vaut toujours mieux voyager avec un petit lexique ou un dictionnaire.  Les trucs sur le web sur comment dire bonjour ou merci en islandais sont assez inutiles, surtout si vous n'avez pas d'idée de la prononciation. Mais les lexiques sont inutiles pour les langues qui mettent les mots bout à bout si on ne comprend pas le principe. Je me rappelle être allée au restaurant en Allemagne avec un dictionnaire et en avoir constaté l'inutilité totale pour comprendre le menu. 

Première leçon : il n'y a pas de longs mots en islandais, que de petits mots mis bout à bout -- comme en allemand. Donc, il faut apprendre les petits mots les plus fréquents. En voici une petite liste. Je vous explique après comment ça fonctionne.
Kirkje: église (church), très fréquent dans les noms de lieux (comme nos saints)
Skol: école (school)
Hus, au début ou à la fin d'un mot, a trait à la maison (house)
Bud, budín: magasin
Baer, baejar: ferme(s)
Laug, laugar: piscine
Gata, straeti : rue
Vegur: route
Vogur, Vik: baie
Fjordur: fjord
Fjalla: montagne 
Jokull: glacier
Vestur, austur: ouest, est.
 
Bon maintenant, pour lire, comprendre, dire, "vesturbaejarlaug", c'est facile. Vestur (ouest) -- baejar (fermes) -- laug (piscine) et donc vestur-baejar-‎laug: piscine des fermes de l'ouest. Vesturbaer est un quartier de Reykjavik. Et pour tous les lieux qui se terminent par Fjordur, on n'a qu'à  retenir le début: Hafna-fjordur ou fjord d'Hafna. Eyja-fjalla-jokull: glacier de la montagne d'Eya (le j se prononce comme un y). Il faut juste savoir où séparer les mots, ce qui devient vite évident puisque ce sont presque tous des mots de deux syllabes. Skolavegur: Chemin/route de l'école. 

Pour le super-marché par contre, une chance qu'ils mettent parfois des photos parce que ce n'est pas évident. Ça m'a pris un bout avant de découvrir que "naut" voulait dire boeuf et que pipersteak, c'était en général de la baleine (parce que c'est hrefna pipersteak et hrefna, c'est baleine). Au moins "lamb" est évident...et abondant. Je n'ai pas réussi à trouver du cheval (hestar).‎ Smor, c'est beurre, mjelk, lait. Très  important, dès  qu'il y a "reyk", c'est fumé. Reykjavik: baie des fumées. Et donc, pour la viande ou le poisson, "reyk" dans le mot veut dire que c'est fumé. 
 
En passant, j'oubliais, "Fisk, fiskur", automatiquement poisson. Et son pendant, vatn qui veut dire lac -- comme dans Myvatn, Lac des moucherons -- mais aussi eau -- comme dans sodavatn, eau gazéifiée.

Deuxième  découverte, les déclinaisons: les mots n'ont pas la même forme selon leur rôle dans la phrase, comme dans plusieurs langues dont le latin, le russe, l'allemand. 

Le complément de lieu d'abord. On dit Olafsjordur mais "I Olafsjordi" quand on veut dire "à Olafsjordur ". De même, gata (rue) se transforme en "i gotu", pour "à la rue...X"

Par ailleurs, le complément de nom demande l'ajout de "ar". On dit, pour la saga de Sturluson, saga Sturlusonar. Par contre le "s" sert aussi pour cela: Olafsjordur: le fjord d'Olaf. 
 
ET "ar" est aussi le pluriel de "ur": femme, c'est konur, et femmes, c'est konar. 

Voilà où j'en étais quand j'ai vu qu'on expliquait sur le net comment faire le pluriel et le féminin en islandais...mais je n'ai pas eu le temps de consulter.  Question: Est-il plus facile de comprendre le rôle des mots dans la phrase quand ça s'écrit différemment ? Dur à dire.

Dernier point: ça ne se prononce pas comme ça s'écrit, ce qui est assez difficile, entre autres pour comprendre l'oral ou le parler. Le "j", en général c'est "y", comme parfois le "g". Le "g" dur (devant a ou u, par exemple) se prononce "kh". Le "ur" à la fin des mots se prononce à peine, un peu comme notre "e muet". Les "r" sont très roulés comme dans Errrriksson.

Voilà donc où j'en étais quand nous avons dû quitter. Je n'avais en tout cas plus de difficulté à me rappeler des noms de lieux et à me faire comprendre quand je les disais. Et ça s'améliorait au super-marché.

‎A++

Islande, culture et société

Quelques observations sur l'Islande, pêle-mêle, pour terminer.

Les Islandais ont à la fois une histoire de colonisation et de domination coloniale. D'une part, ce sont au départ des Norvégiens qui ont découvert  et colonisé le territoire, vers le début des années 1000. Cette période  est racontée par les sagas ‎dont on parle abondamment. Il est possible de faire le circuit des sagas. Les conditions de vie ont été extrêmement dures pendant de longues périodes. D'autre part, l'Islande a été conquise par le Danemark qui a pris le contrôle de toute l'économie du pays avec des conséquences dramatiques (vers la fin du 18eme siècle, je crois). 

Enfin, les Islandais tiennent énormément à leur langue et ils n'empruntent pas à d'autres langues quand de nouveaux objets ou phénomènes apparaissent. Ils ont créé le mot "tolva" pour "ordinateur". Pas de parking ou de stop. Tout est en islandais "pur". Se rappeler que l'islandais pur est du norvégien qui s'est développé en isolation, mais c'est un développement qui s'est produit bien avant la formalisation du français tel que nous le connaissons. Donc, ils sont à peine 330,000 et ils traduisent tout. Ça doit faire vivre beaucoup de traducteurs per capita! On dit que c'est un des pays qui historiquement a accordé la plus grand importance à l'éducation, entre autres d'ailleurs dû à l'influence française, en particulier sur Storluson si je me souviens bien.

‎Différences avec le Québec: les Français ont conquis un territoire habité et ce n'était pas une île isolée mais l'Amérique au complet. La conquête a bel et bien donné le contrôle de l'économie au conquérant mais ça ne semble pas avoir été aussi clairement "brutal" qu'en Islande pendant une aussi longue période, c'est-à-dire aucun parlement, interdiction de commerce avec qui que ce soit d'autres que les Danois, etc., ce qui explique sans doute l'unanimité du vote pour l'indépendance.  Par ailleurs, le français est une des langues les plus parlées au monde, ce qui n'est évidemment pas le cas de l'islandais.

Ceci dit, j'ai senti des similitudes, dans l'importance accordée à l'histoire et à la langue, dans le fait qu'ils se voient un peu comme des survivants qui ont vaincu l'adversité, tant celle des éléments que la domination politique danoise, et qu'ils en sont fiers. 

C'est également une petite nation, très petite, où  tout le monde peut se connaître. Ça peut partiellement expliquer la crise économique. Il est difficile de dénoncer ses amis ou ses parents quand on s'aperçoit qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.
 
La plupart des jeunes parlent anglais assez bien mais quand même toujours avec un accent. Les plus vieux, surtout hors Reykjavik ont souvent beaucoup de difficulté à s'exprimer en anglais.  

L'usage du prénom et la non transmission du nom de famille: il me semble que ça doit avoir une certaine importance, cette absence de noms de famille. Ici les femmes n'ont jamais changé de nom en se mariant. Et tout le monde s'appelle par son prénom.  Aline me demandait si cela entraînait qu'il y ait plus de variété dans les prénoms. J'ai demandé et on m'a dit que non. Le bottin téléphonique contient donc une page de Arni, comme le nôtre comprend plusieurs pages de Durand ou de Fortin, et quelques Danvoye bien sûr ! 

Tout village comprend au minimum une église juchée sur les hauteurs. L'intérieur est généralement très modeste, comme il sied aux Luthériens. Tout l'argent va donc aux piscines, une par village également, dont l'intérieur est loin d'être aussi modeste que celui des églises. La nature humaine?

J'ai vu au plus une dizaine de personnes noires pendant mon séjour, la moitié étant des touristes. Et, à une exception près, c'est à Reykjavik que j'ai rencontré des Noirs islandais.

Les Islandais donnent l'impression d'être gentils en général. J'ai pu constater qu'ils sont très contents quand ils s'aperçoivent que nous avons compris la culture de la piscine, vraiment très importante de façon évidente. Et j'en ai fait rire plusieurs en leur racontant mon épisode de nuvite (voir récit de voyage)‎.

Ayant fréquenté abondamment les piscines, j'ai pu constater que ce n'est pas parce que l'équipement pour faire du sport est disponible qu'il est utilisé. Nous étions souvent les seuls à "faire des longueurs". De plus, le surpoids était fréquent. Ce qui est bien, c'est que ça n'empêchait pas les gens de se promener à poil et de fréquenter la piscine. Décomplexés les Islandais.

Littérature : les amateurs de polars connaissent Arnaldur Indridasson‎. Pendant que j'étais en Islande, j'ai lu "L'ange du matin" de Arni Thorarinsson, un autre polar. Ça porte sur l'époque de la crise, vraiment très bon. Aussi une auteur découverte avant mon départ, Audur Ava Olafsdottir, dont j'ai lu "L'embellie", aussi très bon.

Musique: J'ai trouvé des infos dans un guide et j'ai photographié la page pour vous les donner. Les groupes ou chanteurs les plus connus: Bjork et Sigur Ros, bien sûr, mais aussi GusGus, Mammut, XXX Rottweiler et Olafur Arnald. Pour en savoir plus: www.tonlis.is et www.icelandmusic.com et le blogue www.sonic-iceland.com/blog, le site du festival Icelandic Airwaves‎ www.icelandairwaves.is et le film Backyard.

Cinéma : On m'a parlé de deux films à voir: "Land Ho" et "Secret Life of Walter Mitty"

Alors, bonne culture!

Au plaisir

P.S. Pour les filles seulement: la mode qui consiste chez nous à pisser sur le siège de toilette en se disant que la suivante essuiera le tout avec ses cuisses n'est pas arrivée en Islande. Ça fait plaisir !